Bon il y a peu, j’ai publié un article sur le prompt dans lequel j’explique que le prompt, c’est en fait un brief. Et là, cata : de nombreux messages en mode « c’est quoi un brief ? ». Je m’exécute donc avec ce nouvel article sur le brief. L’outil hyper utilisé, mis à toutes les sauces et mal renseigné dans à peu près 95 % des cas ? Confus, incomplet, bâclé. Avec à la clé le plein d’allers-retours interminables en client et prestataire pour éclairer la chose, une montagne d’erreurs et de rectifications, des attentes irréalistes et des réalisations bancales et insatisfaisantes.

Pourtant le brief est un élément central dans la réalisation d’un projet et il ne devrait pas être négligé au risque de tomber dans le contre-productif. Explications.

Qu’est-ce qu’un brief, exactement ?

Commençons par le commencement. Brief par ci, brief par là, ok mais un brief, c’est quoi ?

Un brief est un document (ou un cadre d’échange) qui sert à poser les bases d’un projet. Dans les milieux professionnels (droit, armée, communication), ce type de document rassemble les informations nécessaires et suffisantes pour agir correctement.

Donc qui dit brief dit passage à l’acte, enclenchement du processus de réalisation. Ce n’est pas une simple liste de demandes, un fourre-tout désordonné mais un outil de clarification sur le cadre, les consignes à appliquer, les contraintes d’un projet.

Dans quels contextes l’utilise-t-on ? Création de contenu, refonte de site, identité visuelle, stratégie de communication, campagne marketing, projet éditorial, collaboration avec un freelance ou une agence … Le brief est transversal : on s’en sert pour cadrer un projet interne, structurer une idée avant de la développer … ou questionner une IA.

Des finalités précises

Autant dire qu’un brief en mode « Je veux quelque chose de moderne », « Il faut que ça fasse waouh », « Inspirez-vous de ce que font les autres », « Je ne sais pas exactement, mais vous voyez l’idée » et autres, ça ne passera pas.

Ça ne passera pas parce que c’est trop vague, trop émotionnel, trop désorganisé. On ne voit pas l’idée, on ne voit pas le cadre, en fait on ne voit rien. Ok. Donc quelle posture adopter pour accoucher d’un brief pertinent ? Il faut commencer par envisager les finalités du brief.

1. Clarifier la demande

Le brief oblige à répondre à des questions essentielles :

  • pourquoi ce projet existe
  • ce qu’il doit produire
  • à qui il s’adresse.

Souvent, le simple fait de rédiger un brief fait apparaître les zones de flou et permet de les rectifier.

2. Aligner les attentes

Un brief évite :

  • les interprétations divergentes
  • les projections implicites
  • les “ce n’est pas ce que j’avais en tête”.

Il crée donc un socle commun de compréhension.

3. Gagner du temps (beaucoup de temps)

Contrairement à une idée reçue, prendre le temps de faire un brief :

  • accélère la production
  • réduit les corrections
  • sécurise les décisions.

Un bon brief est un investissement, pas une perte de temps.

4. Améliorer la qualité du résultat final

Un professionnel ne peut produire un travail pertinent que s’il comprend :

  • le contexte
  • les enjeux
  • les contraintes.

Le brief est ce qui permet de transformer une demande vague en un projet construit.

Les piliers d’un brief efficace

On a compris les objectifs. Passons aux fondamentaux. Un bon brief repose toujours sur des éléments clés.

1. Le contexte

C’est le point de départ qui répondre aux questions suivantes :

  • qui êtes-vous ?
  • dans quel cadre s’inscrit le projet ?
  • que s’est-il passé avant ?

Sans contexte, une demande est toujours bancale.

2. L’objectif

Un brief sans objectif est un piège. Posez clairement la question :

  • que doit produire ce projet ?
  • quel problème doit-il résoudre ?
  • qu’est-ce qui indiquera qu’il est réussi ?

Un objectif flou entraîne des résultats flous.

3. La cible

À qui s’adresse le projet ?

  • clients
  • prospects
  • partenaires
  • public interne.

Une cible mal définie est l’une des causes majeures d’échec.

4. Le message clé

Que doit comprendre la personne qui reçoit le contenu ou le projet ?

  • une idée principale
  • pas dix messages contradictoires.

Si tout est important, rien ne l’est.

5. Le périmètre

Ce qui est inclus… et ce qui ne l’est pas.

Précisez :

  • ce qui est attendu
  • ce qui ne l’est pas
  • les limites du projet.

C’est essentiel pour éviter les dérives.

6. Les contraintes

Contrairement aux idées reçues, les contraintes sont utiles.

Elles peuvent concerner :

  • le ton
  • le format
  • le budget
  • les délais
  • les obligations légales ou techniques.

Les contraintes bien posées améliorent la qualité du travail.

7. Les éléments de référence (avec discernement)

Des exemples peuvent aider… à condition qu’ils soient :

  • expliqués
  • contextualisés
  • non contradictoires.

Dire « je veux la même chose que X » sans explication est rarement utile.

Concision et flexibilité

Ce sont les deux dernières facettes à prendre en compte pour accoucher d’un brief efficace.

La concision

On l’oublie à tort mais un brief efficace va à l’essentiel. Pour rappel le terme vient de l’anglais brief, « court », « concis », « résumé ». La racine latine « brevis » contient déjà cette idée de concision.

Être concis mais comment ? Il ne s’agit pas de supprimer des informations importantes, de simplifier à l’excès en appauvrissant la réflexion. On va plutôt :

  • hiérarchiser
  • trier
  • formuler clairement
  • éliminer le superflu.

La logique est simple : donner toutes les informations nécessaires, et seulement celles-là.

Un brief trop long noie les priorités, dilue le message, crée de la confusion, complique et ralentit la prise de décision. Un bon brief est compréhensible à la première lecture ; s’il en nécessite plusieurs pour être compris, c’est souvent le signe qu’il doit être retravaillé.

La flexibilité

C’est une confusion très fréquente. Un bon brief ne suppose pas d’avoir toutes les réponses et de figer le résultat.

Il signifie :

  • savoir ce que l’on cherche à résoudre
  • accepter la collaboration
  • laisser de l’espace à l’expertise avec laquelle on compte travailler.

Un brief trop directif peut être aussi contre-productif qu’un brief flou.

Comment aider un client à produire un bon brief

Classique : le brief arrive, il est bancal, incomplet, brouillé. Quand vous recevez ce type de brief (et vous allez en recevoir beaucoup, croyez-moi), cela implique que votre client est complètement perdu dans sa demande. Il va donc falloir l’accompagner dans le process de clarification. Vous allez devoir l’aider à :

  • reformuler
  • poser les bonnes questions
  • faire émerger les enjeux réels.

En fait, et pour tout dire, le brief se construit souvent à deux. Savoir guider un client vers un brief clair est une compétence professionnelle à part entière.

Récapitulons

Le brief n’est ni un document administratif, ni une contrainte inutile, mais :

  • un outil de clarté
  • un levier d’efficacité
  • une base de collaboration saine.

Il n’est donc pas un détail mais conditionne tout le projet. Un brief mal construit suscite des malentendus, des corrections infinies, du stress. Un brief élaboré consciencieusement permet un cadre sécurisant, une meilleure créativité, une collaboration fluide.

Apprendre à rédiger un bon brief, c’est :

  • mieux communiquer
  • mieux travailler avec des prestataires
  • mieux structurer ses idées
  • obtenir de meilleurs résultats
  • et surtout protéger tout le monde, client et prestataire.

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